Fiche botanique : la digitale pourpre

L’une de nos premières publicités sur les réseaux sociaux affichaient une photographie de Digitale Pourpre.
Il était amusant de voir les réactions que cette plante a suscité ! Du commentaire “chouette, une box pour empoisonner sa grand-mère!” au “elle est pas si dangereuses car il faut en manger vraiment beaucoup”, il y en avait vraiment pour tout les gouts.

Cela m’a surtout fait remarquer qu’au final bien peu de gens connaissaient réellement cette plante et donc s’en méfiait de façon exagéré.

Famille : scrofulariacée

Nom latin : Digitalis purpurea

Nom vernaculaire : Digitale pourpre, plantes aux doigts de fée, clochette des fées

Constituants :

  • glucosides cardiotoniques (digoxine, digitoxine, lanatoside)
  • anthraquinones
  • flavonoïdes
  • saponines

Effets reconnus :

  • cardiotonique

Un nom poétique :

Digitus signifie doit en latin. L’origine la plus admise pour justifier le lien entre le doigt et le nom de la plante serait sa taille idéale pour y glisser un doigt à la façon d’un dé à coudre.

Il existe cependant un folklore qui me plaît plus ! D’après cette légende, les petites traces de doigts présentent sur les clochettes des digitales  seraient les traces laissées par les fées de leur passage.

Un peu d’histoire :

La digitale est une plante sauvage de sous bois très commune en Europe. C’est un médecin anglais, William Withering qui découvrira les propriétés de la digitale et son action sur le coeur au XVIIIè siècle.

C’est à partir de la digitale que sont encore aujourd’hui extrait les hétérosides utilisés en médecine moderne. La digitaline et la digitoxine sont en effet des extraits d’origine naturelle utilisé en médicament.

Description Wikipédia de la digitale pourpre :

La Digitale pourpre est une bisannuelle, donnant la première année seulement une rosette dense de feuilles. Elle érige son épi floral à partir de la deuxième année. Haute de 30 cm à 2 mètres, c’est une plante tomenteuse d’apparence blanchâtre, à la tige creuse mais solide. Ses feuilles ovale à oblongues-lancéolées, non divisées, entières ou dentées, font de 10–35 cm de longueur et 5–12 cm de largeur6. Les feuilles basilaires et les feuilles moyennes sont longuement pétiolées tandis que les feuilles supérieures sont subsessiles. Elles sont crénelées-dentées, mollement pubescentes et leur face inférieure tomenteuse, conférant une couleur vert grisâtre et un toucher velouté, avec présence d’un réseau particulièrement dense de nervures très saillantes d’où leur aspect gaufré7.

La floraison est basifuge : les fleurs s’épanouissent en premier à la base de la hampe florale, creuse et robuste, qui fleurit de juin à septembre. Les sources de pollen et de nectar s’échelonnent ainsi durant plusieurs semaines pour les insectes. L’inflorescence est une longue grappe unilatérale de fleurs pendantes nettement zygomorphes. Le calice pubescent, hétérosépale, est constitué de 5 sépales connés formant 5 lobes ovales-oblongs, mucronés. La corolle de 4-5 cm de long sur 2 cm de large, ventrue, glabre en dehors, poilue à l’intérieur, forme des fleurs tubulaires (5 pétales soudés) légèrement bilabiées en doigt de gant, pourpre clair, parfois blanches. La lèvre supérieure comprend deux pétales uniformément colorés, la lèvre inférieure est formée de trois pièces portant des poils glanduleux et des taches rouge-vif cernées de blanc à l’intérieur de la corolle8. La corolle présente un rétrécissement autour de l’ovaire, ce qui rend le nectar difficilement accessible à moins que le butineur puisse étirer une langue d’au moins 7 mm de longueur, principalement les bourdons. L’androcée a 4 étamines soudées à la corolle (2 à filet court, 2 à filet long), les anthères étant introrses. L’ordre de maturation est de type protandre. Le pollen est dispersé par les insectes (entomogame). Le gynécée est constitué de 2 carpelles soudés en un ovaire à placentation axile à nombreux ovules, un style terminé par un stigmate bifide à maturité. Un nectaire en anneau est présent à la base de l’ovaire. Le fruit est une capsule biloculaire ovoïde tomenteuse qui libère par déhiscence septicide de ses deux valves de nombreuses petites graines verruqueuses jaune pâle de 0,1 à 0,2 mm. La dissémination est de type anémochore ou épizoochore9.

Doit-on craindre la digitale ?

La digitale ne présente de danger que si elle est ingérée. Ainsi même touchée par les mains curieuses des enfants, il n’y a pas de risques majeurs.

Huchard a définie en 1908 trois doses d’utilisation de la digitale sous forme de feuilles séchées (utilisée en poudre, infusion, alcoolature etc…). Ces doses varient de 0,10g de poudre pour un usage quotidien sur le long terme et jusqu’à 0,60g pour une dose asystolique unique. Aujourd’hui l’usage de cette plante ne se fait plus sous la forme entière de la plante mais sous sa forme extraite et est soumis à un contrôle médical strict.

En sachant qu’une feuille en séchant perd en moyenne 7 à 10 fois de son poids en eau. Si un enfant (ou même un adulte) ingérait de la digitale, il lui faudrait en ingérer au moins 6 grammes ce qui correspond à plusieurs feuilles. J’ajouterais à cela que la plante étant très amère, il sera vraiment désagréable de parvenir à en consommer une telle quantité.

Ainsi, non qu’il faille en négliger les propriétés ou les minimiser, mais il convient surtout de rationaliser sa présence.

Pour ma part, ayant deux enfants en bas âge, j’ai choisit de leur parler des plantes car elles font partie intégrantes du monde dans lesquels ils vivent. Ainsi ils savent se régaler de fleurs de trèfles ou de primevères mais ne touchent ni à la digitale ni à la morelle. Leur apprendre que la nature fournit des plantes pour se nourrir et se soigner est merveilleux à découvrir pour les enfants ; les éduquer en leur apprenant que d’autres présentent un caractère dangereux car ne devant pas être ingéré suffit à appliquer le principe de précaution : on ne connait pas, on ne touche pas et on demande à un adulte ce que c’est.

D’ailleurs, la prochaine fois qu’un plant de digitale pousse dans votre jardin, demandez vous avant de l’arracher si vous avez un laurier palme dans une haie dont approche votre enfant. On relativise souvent mal l’usage des plantes par méconnaissance et le laurier palme en est un bon exemple : une seule baie ingérée suffit à tuer un enfant …

Ne confondez plus la digitale avec les plantes médicinales que vous pouvez utiliser.

[/vc_column_text][vc_column_text]La digitale et les plantes médicinales  avec laquelle vous risquez de la confondre vous réservent d’autres surprises : découvrez les en vous abonnant à Ma Box d’Herboriste.

La digitale est présentée dans la box du printemps 2020 disponible en abonnement du 27 Février 2020 au 26 Mai 2020 inclus

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