Les 10 règles de l’Herboriste

on 24 mai 2019 2 comments

« Herboriste : Personne non diplômée en pharmacie exerçant le commerce des plantes médicinales. »

C’est en tout cas la définition du dictionnaire pour le terme Herboriste. Cependant, si vous interrogez un herboriste, il ne vous parlera jamais de commerce. En effet, le métier d’Herboriste figure parmi les plus anciennes professions et son lien avec la nature est plus important que le simple commerce des plantes. Cependant comme pour toutes les pratiques, il y a des règles à respecter, certaines sont simplement de bons sens et d’autres de vrais conseils à appliquer !

1. Rester humble et admettre les limites de son savoir

Les plantes sont dotées de vertus extra-ordinaires. Leur diversité est incroyable. Mais il ne faut pas pour autant oublier que si certaines regorgent de bienfaits, d’autres en revanche, sont toxiques. Si l’on ne connait pas une plante, on ne la consomme pas et on ne la touche pas. D’ailleurs, on ne se fie jamais ni à une identification sur photo (les réseaux sociaux en regorgent) ni à une application de reconnaissance car tous les critères ne peuvent pas être pris en compte dans ces méthodes.

2. Toujours privilégier le principe de précaution

Les plantes sont réunies en famille. Au sein de celles-ci, les ressemblances sont parfois tellement frappantes qu’il en devient difficile de distinguer une plante d’une autre. Ainsi à moins d’être parfaitement sûr de l’identification d’une plante, on s’abstient : le principe de précaution prime.

Il faut d’ailleurs rester bien conscient que selon le stade de la plante, il peut être impossible de déterminer son espèce précise. La distinction carotte sauvage / cigüe (grande ou petite) ou encore mouron des oiseaux / mouron des champs peut s’avérer impossible selon le stade de la plante et l’expérience du cueilleur.

3. Ni aux bords des champs, ni aux bords des routes

Les plantes médicinales sont séchées sans lavage (du moins la plupart du temps), il faut donc les cueillir dans des endroits le plus exempts possible de pollution. Le coucou ou primevère officinale aime particulièrement pousser aux bords des routes ; c’est cependant l’endroit où il ne faut pas le ramasser en vue d’un usage alimentaire ou médicinal.

De la même façon, les abords de champs, exposés aux pulvérisations agricoles, sont des lieux de cueillettes sauvages à éviter.

Il est également important de rappeler que les plantes ne doivent pas être cueillies dans les voies de passage des animaux sauvages ou trop près du sol afin d’éviter une éventuelle contamination par les urines animales.

4. Respecter les modes de préparation

On ne peut pas faire n’importe quoi avec n’importe quelle plante. Si dans la majorité des cas, une mauvaise méthode de préparation fera juste perdre les bénéfices de la plante, il ne faut pas oublier que dans certains cas, mal employées, les plantes peuvent devenir toxiques.

5. Respecter les posologies

Les vertues médicinales des plantes n’ont rien d’ésotérique ni de poudre de perlimpinpin, il faut donc scrupuleusement respecter les posologies. Les indications telles que « ne convient pas aux enfants ou aux femmes enceintes », sont importantes à respecter. Abuser de certaines plantes peut provoquer des réactions allergiques, des problèmes rénaux, des intoxications etc…

Panier en osier servant à la récolte des orties et du thym en herboristerie6. Respecter la plante et la biodiversité

Quelque soit l’usage que vous faîtes d’une plante, il convient d’être raisonnable dans sa cueillette pour ne pas appauvrir le plant. Ainsi, nous ne récoltons jamais la totalité des sommités fleuries, ni ne prélevons la totalité des plants d’un espace naturel. Ce qui pourrait sembler anodin pour nous, peut détruire un écosystème local complet.

Il est également important de ne pas oublier que l’homme est un animal parmi d’autres et que ce qui nous soignent, nourri d’autres. Au début du printemps ou en fin d’automne, il est essentiel notamment pour les insectes butineurs de ne pas cueillir les fleurs car leurs sources alimentaires sont trés faibles en ces périodes.

7. An apple a day, keeps the doctor away

Les vertus de plantes ne sont pas miraculeuses ! Pour une bonne santé, l’essentiel reste l’exercice physique, un stress réduit et une alimentation équilibrée !

8. Docteur tu ne seras pas

L’une des grandes règles de l’herboriste est de ne pas pouvoir poser de diagnostic. C’est une tâche exclusivement réservée au docteur en médecine. Ainsi même si l’herboristerie permet de soulager certains symptômes, il faut rester prudent pour ne pas en occulter la cause et ne pas établir de diagnostic.

De plus, si les plantes ne suffisent pas à apaiser un symptôme, il ne faut pas refuser de consulter, au prétexte que les plantes sont plus naturelles. Certaines pathologies peuvent nécessiter des soins plus complexes.

9. Rester dans une démarche d’apprentissage

Les connaissances sur les plantes ne cessent d’évoluer. Tant sur leur vertu, leur composition que sur leur usage, il faut également rester conscient que le nombre de plantes recensées en France évolue chaque jour. Une démarche d’apprentissage constante est donc nécessaire car nos connaissances peuvent être amenées à changer ! Une nouvelle plante presque identique à une déjà connue, une contre-indication découverte sur une autre, une nouvelle molécule dans une troisième, les conséquences de ces évolutions peuvent être diverses !

10. Se faire plaisir et prendre l’air

Dans nos vies à 100 à l’heure, prendre le temps d’aller récolter quelques plantes sauvages ou cultiver son jardin médicinale est une bouffée d’air frais. Et cela doit le rester. Ce n’est pas votre métier et à moins que l’objectif soit que cela le devienne, la cueillette et la préparation des plantes médicinales doit rester un plaisir et non devenir une obligation.

MarieNepote-citLes 10 règles de l’Herboriste

2 comments

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  • louise - 1 juillet 2019 reply

    bonjour, je découvre tout juste votre travail. Je vis en ville et n’ai pas de connaissance en jardinage et botanique toutefois je suis curieuse de savoir si on peut trouver des plantes intéressantes en herboristerie en ville ?
    merci

    MarieNepote-cit - 1 juillet 2019 reply

    Bonjour Louise,
    oui en ville aussi on trouve des plantes médicinales : plantain, lierre terrestre, chélidoine, pissenlit… Ces plantes se contentent d’un carré de terre (voir d’une fissure dans le béton) comme beaucoup d’autres. En ville, il y a aussi la possibilité de cultiver en jardinière ou pot sur les rebords de fenêtre si vous n’avez pas accès à un jardin !
    A bientôt,
    Marie

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