Pourquoi cultiver son jardin médicinal ?

Lorsque l’on regarde l’offre pléthorique de produits phyto en pharmacie ou en grande surface, on peut légitimement se demander pourquoi devrions-nous avoir un jardin médicinal chez nous ?

Je pense que la réponse est multiple et surtout modulable en fonction de chacun et de ses sensibilités.

Un acte engagé contre les grands groupes et laboratoires

Lorsque l’on regarde les ramifications des entreprises du secteur pharmaceutiques et parapharmaceutiques, on trouve d’étonnantes relations. De Bayer-Monsanto qui produit à la fois de médicaments et des armes biochimiques, aux groupes qui produisent autant des produits conventionnels à la composition controversé que des gammes étiquetés « green-lovers », personnellement je ne sais pas toujours où va l’argent que je mets dans mes produits.

Au début de ma transition (vers une santé plus naturelle et végétale), j’achetais des plantes en parapharmacie ou des produits prêt à l’emploi (hydrolat, HE…) sans me poser plus de question. Mais finalement mes engagements sociaux et écologiques m’ont amené à m’interroger sur le pourquoi de ces produits et leurs origines.

Finalement, aujourd’hui même si je veux acheter des produits prêts à l’emploi, je me tournerais toujours vers de petits artisans qui connaissent leurs plantes et leur fraicheur réel plutôt que vers des grands groupes malgré l’attractivité de leur tarif.

La facilité et la simplicité de tout avoir à porté de main

Lorsque l’on démarre l’herboristerie et son jardin de simple, cela semble difficile et compliqué. Cela dit, je crois que ce passage existe à chaque fois que l’on cherche à acquérir une nouvelle compétence.

Mais au final, lorsque l’on a trouvé son rythme, identifier ses besoins et appris à utiliser et cultiver les plantes qui nous conviennent, il est vraiment très confortable d’avoir sa pharmacie dans son jardin ! A moins que vous ne souhaitiez pouvoir couvrir tous les maux d’un village, il suffit de quelques poignées de plantes, plus ou moins les mêmes d’une année sur l’autre pour soulager les maux du quotidien !

Certaines plantes sont installées de façon pérennes et sont disponibles quelque soit la saison. Il suffit donc d’aller la chercher de première fraicheur lorsque l’on en a besoin. Pour la plupart des plantes, même si des recettes plus élaborées sont possibles, l’infusion permet en général de bénéficier des vertus de la plante. Cette solution rapide permet un gain de temps et une disponibilité immédiate de nombreux remèdes.

D’autres plantes vont quant à elles demander un petit effort supplémentaire car il faudra les cueillir et les faire sécher voir les transformer pour certaines. Pour un usage familial annuel, les quantités ne sont cependant pas très importantes et permettent donc que ce travail ne devienne pas une corvée ! Le moment de la cueillette, souvent fleurie, peut justement être l’occasion d’une pause et d’un moment pour soi dans le quotidien. Le séchage ne demande quant à lui qu’une très légère surveillance le temps de trouver le bon lieu (ni trop chaud, ni trop humide).

Des remèdes efficaces et sur-mesures selon vos besoins

J’encourage à travers ma box à découvrir de nombreux végétaux et de nombreuses façons de les utiliser pour des maux très variés. Cependant, il est me semble important lorsque vous préparez des recettes que celles-ci correspondent à vos besoins. De même, lorsque vous stockez des plantes séches. Si leurs usages ne correspondent pas à vos besoins car les maux qu’elles soulagent sont très rares chez vous, elles finiront par devenir inutilisables avant d’avoir servies ! Les quantités sont également à adapter. Vous conviendrez que cela peut être encombrant de stocker de grosses quantités qui s’abimeront avec le temps et que vous n’utiliserez jamais complètement. Avec le temps et l’expérience, vous apprendrez à ajuster au mieux ces quantités stockées.

Prenons un exemple : si vous n’avez jamais d’otites, est-ce bien judicieux de préparer 50ml de macérat huileux de fleurs de bouillon blanc  en prévention. Si en revanche vous êtes très sportif et vous faîtes régulièrement des entorses, préparer à l’avance plusieurs pots de baume de consoude et en planter dans votre jardin pour avoir une réserve séche est plutôt malin.

Il faut savoir que la médecine par les plantes n’est pas le remplacement d’un médicament par son substitut végétal. Il peut y avoir certaines corrélations simples mais la plupart du temps, il faut apprendre à connaître les maux pour pouvoir les soulager : la mélisse et la camomille vont toutes les deux avoir des propriétés apaisantes et lutter contre le stress et les maux de têtes mais ni dans les mêmes cas ni de la même façon. L’une ou l’autre de ces deux plantes pourra alors ne pas fonctionner chez vous alors qu’elle fonctionnera chez votre voisin. Cela est normal car vos « terrains » ne sont pas les mêmes (je vous reparlerais de cette notion de terrain propre à chacun dans un prochain article car c’est un point important à connaître !)

Un moment de connection avec la nature

Nos vies défilent à 100 à l’heure et nous prenons peu le temps d’être dehors en contact réel avec la nature. Cultivez son jardin médicinal au même titre que son potager est l’occasion de s’occuper des plantes et de s’encrer dans l’instant présent.

Un moment seul(e), à cueillir délicatement des corolles de fleurs ou à semer délicatement de minuscules graines, une promenade en forêt à observer les végétaux qui y poussent : voici autant d’occasions de faire une pause et de se reconnecter à la terre.

De même, cela offre souvent une raison de partir explorer les alentours. Cela peut sembler étrange dit comme cela mais la vérité c’est qu’il nous faut parfois une raison pour sortir faire une ballade dans la campagne ou en forêt. Comme une raison de s’accorder une pause au lieu de faire quelque chose d’important (souvent d’ailleurs le ménage, les courses ou une autre corvée tellement moins plaisante !).

Une étape dans un mode de vie écologique et zéro-déchet

Lorsque l’on s’attache à retirer les emballages, le gaspillage et les élements controversés voir nocifs de notre quotidien, la pharmacopée classique devient rapidement un point noir. Certes, nous ne sommes heureusement pas malades tous les jours. Certes, il est possible de ne simplement pas se soigner pour éviter les médicaments. Mais ce type de mode de vie n’a pas pour objectif de réduire notre confort de vie mais de l’améliorer en prenant soin de soi autant que de la planète.

La phytothérapie prend alors toute sa place et son importance. L’aromathérapie a pris beaucoup d’essors ces dernières années mais elle présente des inconvénients que n’ont pas forcément les plantes d’autant qu’il est (presque) impossible d’être autonomes dans la préparation des huiles essentielles.

Qu’est ce qui vous pousse ou non à vous intéresser à l’herboristerie ?

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